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Les mots sont des fenêtres ou ce sont des murs - Marshall B. Rosenberg - 1999

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LES MOTS SONT DES FENÊTRES (OU BIEN CE SONT DES MURS) Marshall B. Rosenberg (1934-2015) Ouvrage fondateur de la Communication Non Violente (CNV), publié en 1999 et vendu à plus d'un million d'exemplaires. Rosenberg, psychologue américain, élève de Carl Rogers, propose une méthode révolutionnaire pour transformer notre façon de communiquer en passant d'un langage de jugement et d'exigence à un langage d'empathie et de connexion. Le titre illustre la thèse centrale : nos mots peuvent ouvrir des fenêtres vers la compréhension mutuelle ou ériger des murs de séparation. CNV Communication Non Violente Communication Non Violente Méthode de communication basée sur l'empathie, la sincérité et la connexion aux besoins humains fondamentaux. Processus en 4 étapes (OSBD : Observation, Sentiments, Besoins, Demande) qui transforme notre relation au langage et aux autres. La CNV part du principe que la violence naît d'une communication aliénante qui nous coupe de notre bienveillance naturelle. En apprenant à diriger notre attention vers ce qui est vivant en nous et chez les autres, nous établissons des relations authentiques et résolvons les conflits pacifiquement. Ce n'est pas une simple technique mais une philosophie de vie nécessitant un entraînement régulier pour dépasser les conditionnements éducatifs hérités. EXEMPLES : Un médiateur américain apaise un Palestinien furieux en reformulant ses paroles pour accueillir sa colère. Des parents communiquent avec leurs adolescents sans reproches. Des entreprises améliorent le climat de travail. Des éducateurs passent de la punition à la responsabilisation. Rosenberg a travaillé dans plus de 60 pays avec des zones de conflits, des écoles, des prisons, des familles pour enseigner cette approche transformatrice. [Pont reliant deux cœurs lumineux, fenêtre ouverte laissant passer la lumière vers un cœur, mains qui se rejoignent avec bienveillance,symbolisant la connexion humaine authentique et l'ouverture] Observation sans jugement Décrire les faits observables sans y mêler évaluation,interprétation ou critique. Première étape de la CNV. Distinguer ce que nous voyons, entendons ou touchons réellement de nos jugements et interprétations. Base d'une communication claire. Nous confondons souvent faits et opinions."Tu es toujours en retard" est un jugement, "Tu es arrivé à 10h15 pour un rendez-vous à 10h" est une observation. Les jugements provoquent des réactions défensives qui ferment le dialogue, les observations factuelles maintiennent l'ouverture et permettent une compréhension partagée de la situation sans accusations ni interprétations qui enveniment les échanges. EXEMPLES : Jugement "Tu es égoïste" → Observation "Quand j'ai proposé de partager les tâches, tu as dit que tu n'avais pas le temps". Jugement "Mon fils est paresseux" → Observation "Mon fils a passé 3 heures devant la télévision au lieu de faire ses devoirs". Jugement "Ma collègue est désagréable" → Observation"Quand je lui ai dit bonjour, elle n'a pas répondu et a détourné le regard". L'observation crée un terrain neutre pour le dialogue. [Caméra ou œil neutre observant des faits objectifs, loupe sur des éléments factuels, miroir reflétant la réalité sans déformation, balance de la justice symbolisant l'objectivité] Expression des sentiments Identifier et exprimer ses émotions authentiques plutôt que des pensées déguisées en sentiments. Exprimer nos sentiments nécessite d'abord de les identifier, difficile car notre culture valorise la rationalité et dévalorise les émotions. Rosenberg distingue vrais sentiments (joie, tristesse,peur, colère, frustration) des faux sentiments qui sont des pensées ou jugements ("je me sens incompris", "manipulé" ne sont pas des sentiments mais des jugements sur l'autre). L'expression authentique des émotions permet à l'autre de comprendre notre état intérieur et crée une connexion humaine. Un vocabulaire émotionnel riche est essentiel pour cette étape. EXEMPLES : Au lieu de "Je me sens trahi" (jugement), dire "Je me sens blessé et triste". Au lieu de "Je me sens rejeté" (interprétation), dire "Je me sens seul et découragé". Au travail : "Quand le projet a été annulé, je me sens déçu et inquiet". En couple : "Quand tu rentres tard sans prévenir, je me sens anxieux et en colère". Développer son vocabulaire émotionnel permet de nuancer et d'exprimer précisément ce qui se passe en nous. [Palette de couleurs émotionnelles, cœur avec différentes expressions faciales, thermomètre émotionnel gradué, arc-en-ciel de visages exprimant la diversité des émotions humaines] Identification des besoins Reconnaître les besoins universels humains à l'origine de nos sentiments. Troisième étape de la CNV. Nos sentiments sont des indicateurs de besoins satisfaits ou insatisfaits. Les besoins sont universels (sécurité, appartenance, reconnaissance, autonomie, sens, etc.) et partagés par tous, contrairement aux stratégies pour les satisfaire qui sont multiples et négociables. Révolution de la CNV : l'autre n'est jamais la cause de nos sentiments, mais nos sentiments naissent de nos besoins. Cette prise de conscience libère de la culpabilisation et de l'accusation. Prendre la responsabilité de nos besoins transforme radicalement nos relations et nous rend acteurs. EXEMPLES : Colère → Besoin de respect insatisfait. Tristesse → Besoin de connexion ou soutien insatisfait. Au travail : "Je me sens frustré car j'ai besoin de reconnaissance". En famille : "Je me sens stressé car j'ai besoin d'ordre et de tranquillité". Dans un conflit : identifier que derrière des positions opposées se cachent des besoins différents mais compatibles, ce qui ouvre des possibilités de solutions créatives satisfaisant toutes les parties. [Racines d'un arbre représentant les besoins fondamentaux, pyramide des besoins humains, réservoir avec différents compartiments de besoins, fondations d'une maison solide] Formulation de demandes Exprimer une demande concrète, réalisable et positive pour satisfaire nos besoins. Quatrième étape de la CNV. Une demande CNV est formulée en langage d'action positif (ce qu'on veut, pas ce qu'on ne veut pas), elle est concrète, réalisable, et laisse à l'autre la liberté de dire non. Rosenberg distingue demande et exigence : si l'autre risque blâme ou punition en refusant, c'est une exigence. Une vraie demande ouvre au dialogue. Types de demandes : connexion (a-t-il compris ?), sincérité (est-il d'accord ?), action concrète. La clarté de la demande est essentielle pour éviter malentendus et frustrations. Elle transforme la plainte en proposition constructive. EXEMPLES : Exigence déguisée "Pourrais-tu ranger ta chambre ?" (sous-entendu : tu dois). Vraie demande "Serais-tu d'accord pour ranger avant ce soir ? Sinon, trouvons un arrangement". Demande floue "Sois plus attentif" → Demande concrète "Quand je parle, accepterais-tu de fermer ton ordinateur et me regarder ?". Demande de connexion "As-tu compris ce qui est important pour moi ?". Demande de sincérité "Comment te sens-tu par rapport à ce que je dis ?". [Main tendue dans une invitation ouverte, point d'interrogation avec un cœur, panneau directionnel clair montrant le chemin, pont entre deux personnes, porte ouverte symbolisant l'invitation au dialogue] Empathie Être pleinement présent à ce qui est vivant chez l'autre,en accueillant ses sentiments et besoins sans jugement. L'empathie CNV est une présence respectueuse à l'expérience de l'autre. Ce n'est ni la sympathie (partager les sentiments), ni la compassion (vouloir soulager), ni le conseil. C'est écouter avec tout son être pour comprendre les sentiments et besoins de l'autre. Rosenberg insiste sur lepouvoir de guérison de l'empathie : elle désamorce les conflits, accueille la colère, redonne vie àune conversation bloquée. Elle nécessite de mettre de côté ses jugements, conseils, consolations pour simplement être présent. Elle peut être silencieuse ou verbalisée par la paraphrase. EXEMPLES : Parent à enfant en colère : "Tu es fâché car tu aurais aimé continuer à jouer ?" plutôt que "Arrête tes caprices". En couple, accueillir la colère :"Tu es blessé car tu aurais voulu que je te consulte avant cette décision ?". Rosenberg face au Palestinien furieux reformule sa rage jusqu'à ce qu'il se sente compris. En médiation, refléter les besoins de chaque partie jusqu'à ce qu'elles se sentent entendues crée les conditions du dialogue. [Oreille attentive avec un cœur, deux personnes en miroir se reflétant mutuellement, coupe vide prête à recevoir,espace accueillant et chaleureux, présence bienveillante] Langage chacal / girafe Métaphore pédagogique : le chacal symbolise le langage de jugement, la girafe le langage de connexion et d'empathie. Rosenberg utilise des marionnettes chacal et girafe dans ses formations. Le chacal représente notre conditionnement habituel : juger, critiquer, analyser, exiger, culpabiliser, punir. Langage qui "fait de nous des loups pour nous-mêmes et pour les autres". La girafe (animal au plus groscœur terrestre) symbolise la CNV : observer sans juger, exprimer sentiments et besoins, formuler demandes, offrir empathie. Rosenberg montre comment dans tout échange, nous pouvons basculer du chacal à la girafe en changeant attention et langage. Le chacal n'est pas mauvais, c'est une stratégie inefficace apprise qu'on peut transformer. EXEMPLES : Chacal "Tu es toujours en retard, tu ne respectes personne !". Girafe "Quand tu arrives à 9h30 pour un rendez-vous à 9h, je me sens frustré car j'ai besoin de ponctualité. Peux-tu m'en parler ?". Chacal interne "Je suis nul, je rate tout". Girafe interne (auto-empathie) "Je me sens découragé car j'ai besoin de réussite. Comment prendre soin de ce besoin ?". Apprendre à reconnaître notre chacal intérieur pour le transformer. [Girafe au long cou avec un grand cœur face à un chacal agressif,deux marionnettes symboliques, balance avec cœur et griffes, transformation d'ombre en lumière, deux chemins divergents] Auto-empathie Application de la CNV à soi-même : accueillir ses propres sentiments et besoins avec bienveillance plutôt que jugement. Rosenberg insiste sur l'importance de se relier à soi-même avec bienveillance. Nous sommes souvent nos pires critiques, utilisant un langage chacal envers nous-mêmes ("je suis stupide","je ne vaux rien"). L'auto-empathie consiste à identifier nos sentiments et besoins quand nous souffrons, surtout quand nous avons fait des erreurs. Au lieu de nous juger ou culpabiliser, nousdemander : "Quels besoins n'ont pas été satisfaits ?" et "Comment y répondre maintenant ?". Cette pratique transforme la honte en apprentissage et la culpabilité en responsabilité. Base de la libération affective et de l'estime de soi. EXEMPLES : Au lieu de "Je suis nul, j'ai oublié son anniversaire", se dire "Je me sens triste car j'ai besoin de montrer mon affection. Comment prendre soin de ce besoin maintenant ?". Après une erreur professionnelle, au lieu de s'auto-flageller : "Je me sens inquiet car j'ai besoin de compétence. Que puis-je apprendre ?". Face à un échec, accueillir sa déception tout en reconnaissant qu'on a fait de son mieux avec les ressources disponibles à ce moment-là. [Personne s'enlaçant elle-même avec tendresse, miroir reflétantun regard bienveillant, jardin intérieur à cultiver avec soin,main douce posée sur le cœur, auto-caresse bienveillante] Médiation et résolution de conflits Utiliser la CNV pour résoudre les conflits en créant une connexion de cœur à cœur et en identifiant les besoins. Le livre consacre un chapitre important à la médiation CNV, qui diffère de la médiation traditionnelle. Au lieu de chercher un compromis entre positions, le médiateur CNV aide chaque partie à exprimer ses sentiments et besoins, et à entendre ceux de l'autre avec empathie. Le processus vise à créer une connexion humaine avant de chercher des solutions. Étapes : établir la connexion, identifier tous les besoins en jeu, distinguer besoins (universels et négociables) et stratégies (spécifiques et multiples), créer ensemble des stratégies qui honorent tous les besoins. La CNV permet de résoudre même des conflits violents en zones de guerre. EXEMPLES : Conflit israélo-palestinien : Rosenberg facilite des dialogues où chaque partie exprime sa douleur et ses besoins de sécurité, dignité, appartenance.Conflit en entreprise : deux équipes en désaccord découvrent qu'elles partagent le besoin de réussite du projet mais ont des stratégies différentes (rapidité vsqualité). Conflit familial : parents et adolescent trouvent des solutions créatives quand chacun comprend les besoins de l'autre (autonomie vs sécurité). [Pont entre deux îles séparées, puzzle dont les pièces s'assemblentharmonieusement, mains de différentes personnes formant un cercle,nœud gordien qui se dénoue, table ronde de négociation pacifique] Responsabilité émotionnelle Nos sentiments naissent de nos besoins, pas des actions d'autrui. L'autre est déclencheur, non cause. Enseignement révolutionnaire : mettre fin à la croyance que l'autre serait à l'origine de nos sentiments. Rosenberg distingue facteur déclenchant (ce que l'autre fait ou dit) et cause (nos besoins insatisfaits). Quatre options face aux reproches : 1) Se blâmer, 2) Blâmer l'autre, 3)Percevoir nos sentiments et besoins, 4) Percevoir les sentiments et besoins de l'autre. Seules les deux dernières options créent de la connexion. Cette compréhension libère de la culpabilisation mutuelle et de la victimisation. Elle rend chacun responsable de ses besoins et de ses choix,tout en restant attentif au bien-être d'autrui. EXEMPLES : Au lieu de "Tu me mets en colère", dire "Je me sens en colère car j'ai besoin de respect". Comprendre que si trois personnes reçoivent la même critique, elles réagiront différemment selon leurs besoins du moment (l'une blessée, l'autre indifférente, la troisième curieuse). Face à une insulte, identifier :"Cette personne a dit X (déclencheur), je me sens blessé (sentiment) car j'ai besoin de respect (besoin)". Reconnaître qu'on n'est pas responsable des sentiments d'autrui, mais qu'on peut contribuer à son bien-être en étant attentif à ses besoins. Toute colère a une fonction vitale : nous alerter d'un besoin insatisfait. [Personne tenant son cœur entre ses mains (propriété de ses émotions),racines profondes de l'arbre symbolisant les besoins, interrupteurinterne représentant le choix de réponse, capitaine de son navire] CONCLUSION La Communication Non Violente est bien plus qu'une technique de communication : c'est une philosophie de vie qui nous invite à transformer notre relation à nous-mêmes et aux autres. En apprenant à diriger notre attention vers ce qui est vivant en nous et chez autrui (sentiments et besoins),nous pouvons dépasser les conditionnements éducatifs de jugement, de compétition et d'exigence qui génèrent souffrance et violence. Le processus OSBD offre un chemin concret vers des relations authentiques, empathiques et pacifiques. Marshall Rosenberg nous rappelle que notre bienveillance naturelle est toujours accessible, il suffit de changer notre manière de communiquer pour qu'elle s'exprime pleinement. Citations clés de Marshall Rosenberg : "Les mots sont des fenêtres (ou bien ils sont des murs). Je me sens si condamnée par tes mots, je me sens tellement jugée et repoussée, avant de partir, j'aimerais savoir, est-ce cela que tu voulais dire ?" "Notre relation au langage, de par notre éducation, pousse la plupart d'entre nous à étiqueter autrui et à exiger plutôt qu'à prendre conscience de nos sentiments, de nos envies et de nos responsabilités." "L'empathie, c'est comprendre respectueusement ce que les autres vivent. Au lieu d'offrir de l'empathie, nous avons souvent une forte envie de donner des conseils ou de rassurer et d'expliquer notre propre position ou nos sentiments." "Toute critique, tout jugement porté sur autrui n'est que l'expression tragique d'un besoin insatisfait."

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